Expressions. N° 35. Histoire et philosophie des sciences. p. 57-73. La responsabilité des Mathématiques Appliquées à la Finance dans la crise, une invitation à la réflexion critique.
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Auteur : Gombaud Stéphane
Résumé
En période de crise, la chasse aux boucs émissaires est ouverte. La crise financière qui sévit aujourd’hui n’échappe pas à la règle : institutions, banques, agences de notations, personnes, traders ou quants, sont pointés du doigt. Toutefois, la mise en accusation des Mathématiques Appliquées à la Finance est singulière. D’une part, les mathématiques, synonymes de rationalité, ne sont pas victimes d’une mauvaise réputation et l’opinion a tendance à penser qu’elles ne peuvent en elles-mêmes avoir d’effets négatifs sur la société, qu’elles soient considérées comme des outils ou comme un langage pour les autres sciences. D’autre part, une fois l’accusation rendue publique on a assisté moins au déchaînement d’une polémique qu’à l’instauration d’un véritable débat. L’analyse des discours, en particulier des métaphores employées, montre une attention se portant sur l’idée d’une responsabilité réelle mais indirecte. Ce que l’opinion s’est efforcée de comprendre est une sorte de dérive, celle que D. Dennett a qualifiée de « péril de Pauline », type de responsabilité relevant de la diffusion d’un savoir qui ne tient pas compte des conditions spéciales de sa réception. Abstract In times of crisis, the hunt for scapegoats is open. The actual financial
crisis is no exception to the rule: institutions, banks, rating agencies, individuals, traders and quants, are blamed. However, the public trial of Applied Mathematics in Finance is singular. On one hand, mathematics, identified to rationality, are not victims of a bad reputation and public opinion tends to believe that they cant have negative effects on society, even if they are viewed as tools or as a language for other sciences. On the other hand, a brief controversy in the newspapers has led to an interesting debate. The analysis of speech, especially metaphors, shows that attention
was focused on the idea of a real but indirect responsibility. What opinion has tried to understand is a kind of drift, one that D. Dennett has called « peril of Pauline ». It is a responsibility of scientists who do not take into account the special conditions of reception of their speech when they deliver their knowledge.
Notes
Article du numéro 35 de la revue Expressions.
Données de publication
Éditeur IUFM de la Réunion Saint-Denis , 2010 Format A5, p. 57-73 Index Bibliogr. p. 72-73
ISSN 1769-7107
Public visé chercheur, enseignant, formateur
Type article de périodique ou revue Langue français Support papier
Classification